Un logiciel métier ne s’use pas comme une machine. Son code reste identique d’une année sur l’autre. C’est tout ce qui l’entoure qui change : les failles découvertes dans ses composants, les navigateurs, les systèmes d’exploitation et les règles qu’il doit appliquer. Un logiciel laissé tel quel finit donc par devenir risqué, puis inutilisable.
Le maintien en condition opérationnelle (MCO) est l’ensemble des actions qui gardent un logiciel sûr et utilisable dans la durée : correctifs, mises à jour de sécurité, mise à niveau des composants, supervision et sauvegardes. On parle aussi de maintenance en condition opérationnelle. Le MCO commence à la mise en production et dure aussi longtemps que le logiciel sert.
Que couvre le MCO d’un logiciel métier ?
Le MCO couvre tout ce qui maintient le logiciel en état de marche, sans changer ce qu’il fait. Un contrat de MCO comprend en général :
- la correction des anomalies signalées par les utilisateurs
- l’application des correctifs de sécurité, dans le logiciel et dans ses composants
- la mise à niveau des composants techniques avant leur fin de support
- la supervision : disponibilité, performances, espace disque, erreurs
- les sauvegardes et les tests de restauration
- l’adaptation aux changements de l’environnement (nouvelle version d’un navigateur, d’une API ou d’un service connecté)
Le MCO se distingue des évolutions. Une évolution ajoute une fonctionnalité ou modifie un processus. Le MCO, lui, garde le logiciel tel qu’il est, mais sûr et fonctionnel. Les deux se retrouvent souvent dans un même contrat. Elles ne se chiffrent pourtant pas de la même façon : le MCO est un engagement récurrent, une évolution est un petit projet.
Le MCO concerne aussi l’hébergement. Le serveur, son système et sa configuration doivent être mis à jour au même rythme que le logiciel.
Pourquoi un logiciel non maintenu devient-il un risque ?
Parce que de nouvelles failles sont découvertes chaque semaine dans des composants largement utilisés. Le CERT-FR, le centre gouvernemental de veille et de réponse aux attaques, publie en continu des avis de sécurité sur ces vulnérabilités. Un logiciel livré sans faille connue peut en contenir plusieurs quelques mois plus tard, sans qu’une seule ligne de son code ait changé.
L’ANSSI en fait une règle de base. Parmi les mesures de son guide d’hygiène informatique, elle recommande de définir une politique de mise à jour des composants du système d’information. Un composant qui n’est plus maintenu par ses auteurs ne reçoit plus de correctifs. Il faut alors le remplacer, ce qui demande un travail de développement.
La réglementation bouge aussi. La réforme de la facturation électronique en est un bon exemple : un logiciel de facturation doit être raccordé à une plateforme agréée et produire des formats structurés. Un logiciel métier non maintenu ne suivra pas ce type de changement.
💡 Le point souvent oublié : le coût d’un logiciel abandonné n’apparaît pas tout de suite. Il arrive d’un coup, le jour où une faille est exploitée ou un composant cesse de fonctionner. La remise à niveau coûte alors bien plus cher qu’une maintenance régulière.
Le MCO est-il une obligation légale ?
Aucune loi n’impose de souscrire un contrat de MCO. Mais plusieurs textes imposent ce que le MCO garantit : la sécurité dans la durée.
Le RGPD, à son article 32, demande au responsable du traitement des mesures techniques et organisationnelles adaptées au risque. Il cite notamment des moyens de garantir « la confidentialité, l’intégrité, la disponibilité et la résilience constantes des systèmes ». Il prévoit aussi une procédure pour tester et évaluer régulièrement l’efficacité de ces mesures. Un logiciel qui traite des données personnelles et ne reçoit plus de correctifs remplit difficilement cette exigence. La CNIL détaille ces mesures dans son guide de la sécurité des données personnelles.
La directive NIS2 va plus loin pour les entités qu’elle concerne. Son article 21 cite, parmi les mesures de gestion des risques, la sécurité de l’acquisition, du développement et de la maintenance des systèmes, y compris le traitement des vulnérabilités. Notre article sur NIS2 et les PME précise qui est concerné et où en est la loi française.
Dans les deux cas, la responsabilité reste celle de l’organisation qui utilise le logiciel. Elle peut confier le MCO à un prestataire ou à une équipe interne. Elle ne peut pas l’ignorer.
Comment bien contractualiser un MCO ?
Un bon contrat de MCO dit précisément ce qui est fait, dans quels délais et comment on en sort. Avant de signer, vérifiez quatre points :
- Le périmètre : le logiciel seul, ou aussi l’hébergement, les sauvegardes et les connexions aux autres outils
- Le niveau de service (SLA) : délais de prise en charge et de correction selon la gravité de l’incident, plages horaires couvertes
- Les sauvegardes : fréquence, durée de conservation, lieu de stockage et tests de restauration
- La sortie : la réversibilité, c’est-à-dire la façon de récupérer le logiciel, les données et la documentation pour changer de prestataire
Un SLA n’a de valeur que s’il est inscrit au contrat. Sans contrat de MCO, un prestataire peut intervenir, mais aucun délai n’est garanti.
Comment bontrain assure-t-il le MCO de ses logiciels ?
Chez bontrain, le MCO est la dernière étape de notre méthode, après le développement par jalons et la validation par vos équipes. Il reste optionnel. Le client exploite librement le logiciel livré et décide de nous confier la maintenance, ou non.
Quand le MCO nous est confié, il couvre les mises à jour de sécurité, la supervision, les correctifs et les évolutions. Un niveau de service est alors inscrit au contrat. C’est le cas pour les logiciels métiers sur mesure que nous concevons, comme l’ERP d’un frigoriste, mais aussi pour les IA privées et les déploiements de LaSuite.
Le choix d’un logiciel sur mesure se joue aussi sur ce point. Notre article logiciel sur mesure ou SaaS compare qui assure la maintenance dans chacun des deux modèles.