Lancée par la Direction interministérielle du numérique (DINUM), LaSuite est l’ambition de doter les organisations françaises d’un environnement de travail numérique souverain, intégré et libéré des dépendances aux géants technologiques américains. Pensée à l’origine pour les agents de l’État, elle s’ouvre désormais aux collectivités territoriales — communes, intercommunalités, départements, régions — ainsi qu’aux entreprises privées soucieuses de protéger leurs données stratégiques.
Qu’est-ce que LaSuite ?
LaSuite est un ensemble d’applications interconnectées, toutes open source, hébergées en France, répondant aux standards de sécurité de l’État. Son ambition est de couvrir l’intégralité des besoins bureautiques quotidiens sans recourir à un seul outil soumis à une juridiction étrangère.
Contrairement à une idée reçue, LaSuite n’est pas un produit unique : c’est un écosystème de sept briques complémentaires, toutes interopérables et maintenues par des équipes d’État ou des partenaires agréés. Bontrain fait partie des acteurs qualifiés pour déployer et accompagner l’adoption de LaSuite, aussi bien dans une mairie de 5 000 habitants que dans une PME industrielle de 200 salariés.
Les 7 outils de LaSuite en détail
Voici un tour complet des applications qui composent la suite, avec leur équivalent sur le marché et leurs cas d’usage concrets.
1. Tchap — la messagerie instantanée
Équivalent souverain de Slack et Microsoft Teams. Tchap est une messagerie instantanée chiffrée, basée sur le protocole Matrix, développée par la DINUM. Elle permet les échanges en messages privés, en salons thématiques et en espaces d’équipe — avec un chiffrement de bout en bout sur toutes les conversations sensibles. Hébergée sur des serveurs français, elle est aujourd’hui utilisée par plus de 500 000 agents de l’État. Pour les collectivités, Tchap remplace avantageusement Teams ou WhatsApp Business ; pour les entreprises, elle élimine la dépendance à Slack tout en garantissant la confidentialité des échanges internes.
2. Webconf — la visioconférence
Équivalent souverain de Zoom et Google Meet. Webconf (anciennement appelé Visio) est la solution de visioconférence de LaSuite, basée sur Jitsi Meet. Elle permet d’organiser des réunions vidéo sans installation de logiciel, directement depuis le navigateur, avec partage d’écran, tchat intégré et salle d’attente. Contrairement à Zoom ou Teams, aucune donnée de vos réunions ne transite par un serveur américain. Un point critique pour les collectivités qui tiennent des commissions sensibles ou pour les entreprises qui négocient des contrats stratégiques.
3. Docs — l’éditeur collaboratif
Équivalent souverain de Google Docs et Word Online. Docs est l’éditeur de texte collaboratif de LaSuite : rédaction en temps réel à plusieurs, suivi des modifications, commentaires, historique des versions. Il permet d’importer et d’exporter au format .docx pour maintenir la compatibilité avec les partenaires qui utilisent encore Microsoft Office. Pour les collectivités, il couvre la rédaction de délibérations, de rapports et de procédures internes ; pour les entreprises, il remplace Google Workspace Docs dans les workflows de production documentaire.
4. Grist — le tableur et la base de données
Équivalent souverain de Google Sheets et Airtable. Grist est l’outil le plus puissant et le moins connu de LaSuite. Mi-tableur, mi-base de données relationnelle, il permet de construire des outils de suivi, des tableaux de bord et des applications légères sans écrire une ligne de code. Pour une collectivité, cela peut signifier un outil de suivi des demandes de permis de construire ou un registre des délibérations. Pour une entreprise, c’est un CRM léger, un outil de suivi de projet ou un tableau de pilotage RH — sans dépendre de Salesforce ou d’Excel hébergé sur OneDrive.
5. Fichiers — le stockage et partage de documents
Équivalent souverain de OneDrive et Google Drive. Fichiers est l’espace de stockage centralisé de LaSuite, basé sur Nextcloud. Il permet de stocker, organiser, partager et synchroniser des fichiers depuis n’importe quel appareil — avec des contrôles d’accès fins par dossier et par utilisateur. Pour les collectivités, il remplace les partages réseau Windows et les drives partagés Teams. Pour les entreprises, il offre une alternative crédible à SharePoint, avec l’assurance que les fichiers restent physiquement sur un serveur français.
6. Messagerie — la boîte mail professionnelle
Équivalent souverain d’Outlook et Gmail. La brique Messagerie de LaSuite fournit une messagerie email professionnelle hébergée en France, avec carnet d’adresses partagé, gestion des agendas et des ressources (salles de réunion, matériels). Elle est basée sur des standards ouverts (IMAP/SMTP) et s’intègre avec les clients mail existants. Pour les collectivités qui hébergent encore leur messagerie sur des serveurs vieillissants ou qui utilisent Exchange Online de Microsoft, c’est une alternative souveraine directe. Pour les entreprises, elle garantit que les échanges avec clients et partenaires ne transitent pas par des serveurs américains.
7. France Transfert — l’envoi de fichiers volumineux
Équivalent souverain de WeTransfer et Smash. France Transfert est le service d’envoi de fichiers lourds de LaSuite : il permet d’envoyer des fichiers jusqu’à plusieurs gigaoctets à des destinataires externes, sans créer de compte, via un lien sécurisé à durée de vie limitée. Pour les collectivités, c’est l’outil idéal pour transmettre des plans, des dossiers d’urbanisme ou des archives à des prestataires. Pour les entreprises, il remplace WeTransfer — dont les serveurs sont américains — pour tous les transferts de fichiers sensibles avec des clients ou des partenaires.
LaSuite pour les collectivités : ce que ça change
Pour une collectivité territoriale, adopter LaSuite, c’est d’abord une question de conformité et de responsabilité. Les délibérations du conseil municipal, les données des administrés, les projets d’aménagement, les marchés publics en cours de négociation : tout cela transite aujourd’hui dans des outils opérés par des entreprises américaines soumises au CLOUD Act. Ce n’est pas une hypothèse : c’est une réalité juridique.
Au-delà de la conformité, LaSuite représente un levier d’économies significatif. Les licences Microsoft 365 ou Google Workspace représentent souvent le premier ou le deuxième poste de dépense informatique d’une collectivité. LaSuite, dans sa version mutualisée portée par l’État, est accessible sans coût de licence — seul l’accompagnement au déploiement est facturé.
LaSuite pour les entreprises privées : pourquoi c’est pertinent
Contrairement à une idée reçue, LaSuite n’est pas réservée au secteur public. Les entreprises privées peuvent déployer l’ensemble des briques open source qui la composent, soit en auto-hébergement, soit via un prestataire agréé comme Bontrain. C’est particulièrement pertinent pour les entreprises qui travaillent avec des clients publics (appels d’offres, marchés), qui opèrent dans des secteurs réglementés (défense, santé, énergie, finance), ou qui souhaitent simplement sortir de la dépendance Microsoft ou Google pour des raisons stratégiques.
Comment migrer vers LaSuite ?
La migration vers LaSuite n’est pas un basculement instantané. Les organisations qui réussissent ce transfert adoptent une approche progressive en 3 phases : d’abord les outils les moins critiques (stockage, transfert de fichiers), puis la communication (messagerie, visioconférence, Tchap), enfin les outils collaboratifs (Docs, Grist) et la migration des workflows métier spécifiques.
La résistance au changement est le principal facteur d’échec. Collaborateurs et agents ont souvent développé des habitudes profondes avec Microsoft Office et Teams. L’accompagnement humain est donc aussi important que le déploiement technique.